Auteurs
Robert Pirsig
1974. Coup de tonnerre dans le landernau éditorial new-yorkais. Robert M. Pirsig publie Le zen et l’art de la motocyclette chez William Morrow. 121 fois refusé, le manuscrit qui eut tant de mal à trouver un éditeur trouve immédiatement son public. Traduit dans le monde entier (en France aux éditions du Seuil, sous le titre Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes en 1978) il se vendra à plus de 5 millions d’exemplaires.
En 1974, Pirsig, né en 1928 à Minneapolis dans le Minnesota, a 46 ans et déjà plusieurs vies à son actif. Enfant surdoué (QI de 170 à 9 ans !), étudiant en biochimie, il part faire la guerre en Corée, rentre aux États-Unis et entreprend des études de philosophie pour trouver des réponses aux questions devant lesquelles la science reste muette. Une trajectoire entrecoupée de séjours en hôpital psychiatrique.
Road-story philosophique, le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, l’inspirée d’un voyage à moto, depuis le Minnesota jusqu’à la Californie, effectué avec l’aîné de ses deux fils, Chris, 11 ans, qui sera assassiné par des gangsters en 1979. Nomade impénitent, Pirsig vécut à de nombreuses adresses en Europe et aux États-Unis. Long discours enflammé et généreux, le Traité du zen poursuit sa route, tandis que Pirsig garde le silence, se remariant en 1978, mariage dont naquît une fille en 1980.
17 ans après Zen, en 1991, Pirsig publie Lila. Le narrateur, Phaedrus, est un écrivain qui se bat avec les notes d’un livre dont il n’arrive pas à accoucher. En descendant le fleuve Hudson vers l’Atlantique, direction la Floride, il fait la rencontre de Lila Blewitt, ex-prostituée à la cuisse légère et à l’équilibre psychologique instable. À son contact, il peaufine, en se détachant des oppositions occidentales classiques, sujet/objet, cause/conséquence etc., son concept de « métaphysique de la Qualité » – dont la définition lui donnait déjà du fil à retordre dans le Traité du zen.
À Manhattan, tout en s’enfonçant dans la folie, Lila encourage Phaedrus à s’interroger sur les conflits entre valeurs amérindiennes et européennes, ou entre folie et normalité. À l’aube des années 1990, le système qu’il met au point prétend fournir un cadre intellectuel permettant d’expliquer tous les phénomènes survenant au sein des quatre royaumes – naturel, biologique, social, intellectuel. Tout serait l’expression de plus ou moins de « qualité » (plus, dans le cas de Lila), principe d’organisation essentiel du monde, qui évoluerait non pas vers la survie du plus apte mais vers des valeurs plus élevées. Découle de ce constat une morale scientifique : les formes d’expression inférieures de la qualité, telles que des êtres humains, doivent être sacrifiées au besoin en faveur de formes plus élevées, telles que la société ou, un échelon plus haut, les idées.
À la fin de ce livre plus proche de l’essai que du roman, parfois aride, toujours brillant, Phaedrus a les idées plus claires mais le sort de Lila demeure incertain. Du Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes jusqu’à Lila, c’est toujours la même longue quête hétéroclite qui anime Pirsig. Quelque chose entre la conférence érudite et le prêche comme le soulignait, en 1978, Octave Mannoni.
Nouveautés
Robert Pirsig
Lila
• Roman : 592 pages
• Traduction :
Nadine Gassie
et Michel Proulx
• Parution : octobre 2010
• ISBN : 978-84-936975-4-9
En 1974, Robert Pirsig reçoit une bourse Guggenheim pour écrire une suite à son bestseller, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes. Ce sera Lila, roman semi-autobiographique qui raconte le voyage de Phaedrus, son alter ego, sur le fleuve Hudson. Voyage au cours duquel il rencontre Lila, femme obstinée à la personnalité trouble, psychologiquement instable. Cette mise en scène donne l’occasion à Pirsig d’élaborer et préciser sa « métaphysique de la Qualité » – théorie fondée sur les valeurs, qui remplace la classique vision dualiste sujet-objet de la réalité. D’où le sous-titre de Lila : « Une enquête sur la morale ». La métaphysique de la Qualité se veut une nouvelle façon d’envisager la morale. Il s’agit de considérer le monde en fonction de « valeurs » qui, selon Pirsig, sont de nature statique ou dynamique et constituent la réalité et la morale. Cette approche s’appuie en partie sur la pensée orientale, notamment le bouddhisme qui propose des préceptes pour mener une vie harmonieuse ; on n’y trouve pas de « morale » à proprement parler, mais un système subtil visant à déterminer ce qu’il convient de faire à l’instant présent. C’est cet aspect que développe la métaphysique de la Qualité. Elle pose les questions essentielles : Qu’est ce qui fait que quelque chose est « de qualité » ou pas ? Comment décider ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas l’être ?
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Robert Pirsig, Lila



