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Auteurs

Tommy Trantino Tommy Trantino

1938 :
Tommy est né à New York, dans un taudis du Lower East Side, d’une mère juive et d’un père sicilien. Il a une sœur et un frère plus jeunes.

1952/1953 :
A l’âge de 14 ans, il commence à fréquenter des gangs et apprend à se débrouiller dans la rue. Il quitte l’école et s’enfuie de chez lui pour vivre sans domicile fixe du côté de Times Square, à New York. Il devient accro à l’héroïne et aux barbituriques qu’il s’injecte, et vole pour financer son addiction.

1954 :
Quand Tommy a 16 ans, ses parents trouvent de la drogue sur lui et appellent la police.
Il est arrêté pour détention d’héroïne et envoyé à l’hôpital de North Brother Island, une île de l’East River, d’où il s’échappe en manquant de se noyer.

1956/1960 :
Condamné pour vol (sans armes) après avoir attaqué un bureau de paie. Le juge ne montre aucune clémence et le condamne à une réclusion de 10 ans dans un pénitencier pour adultes. Tommy purge sa peine pendant 5 ans et demi dans la prison de Comstock, l’une des maisons d’arrêt les plus dures des États-Unis à cette époque. Il y est entré drogué et en ressortira « psycho-animalisé », alcoolique et gangster potentiel.

1961/1962 :
Relâché de Comstock, Tommy essaie de se tenir à carreau, ne serait-ce que pour être accepté au sein de la société. Il trouve un emploi, se marie et a un fils prénommé Gaetano. Entre-temps, sa colère, sa confusion, sa frustration, son désespoir et son alcoolisme empirent. Il commence à fréquenter un ami de cellule de Comstock, Franck Falco, et retourne à sa vie de criminel.

1963 :
Devant 20 témoins, Falco tue un jeune homme dans un lieu fréquenté par la Mafia. Le corps est jeté dans l’East River et une chasse à l’homme s’ensuit ; Tommy cache Falco chez lui.

25 août 1963 :
Avec un autre complice et deux femmes attendant dans une voiture de cavale, Tommy et Falco commettent un hold-up dans le quartier de Brooklyn, à New York. Ils roulent jusqu’au New Jersey et s’arrêtent dans un rade, l’Angel Lounge, à Lodi.

26 août 1963 :
Deux officiers de police se font tirer dessus et succombent à leurs blessures à l’Angel Lounge. Le complice de Tommy, Falco, meurt de 14 coups de feu tirés par des policiers dans une chambre d’hôtel de New York, 17 heures après les meurtres de l’Angel Lounge. Tommy se rend aux forces de l’ordre quelques jours plus tard.

Du 4 février au 28 février 1964 :
Le 4 février 1964 : le procès commence. Le 18 février, après 8 heures de délibération, le jury déclare Tommy coupable. Les autorités mettent Tommy sous calmants (cocktail à base de Thorazine) pendant toute la durée de son procès. Et le 28 février, à l’âge de 26 ans, le juge le condamne à mourir sur la chaise électrique à la prison d’État de Trenton.

Du 28 février 1964 jusqu’à 1971 :
Tommy va directement de la salle d’audience au couloir de la mort de la prison de Trenton, où il passera les huit prochaines années en isolement cellulaire. Il fait le serment de ne jamais user de violence, d’aider les gens au lieu de leur faire du mal, et de ne plus jamais consommer d’alcool ni de drogues. Il a respecté ce serment jusqu’à ce jour. Aucun travail, aucun exercice ni aucun traitement médical ou psychologique, rien que la solitude de jour comme de nuit. La date d’exécution est reportée à plusieurs reprises. Ses lectures voraces changent le but et le sens de sa vie. Il commence également à écrire, dessiner et peindre, et à fomenter la révolution. C’est de cette époque que datent son activisme non-violent pour améliorer le sort des condamnés à mort, sa lutte contre les abus et ses défis à l’autorité.
Les avocats des droits civils radicaux Leonard Weinglass et Jeff Fogel se sont impliqués dans ce projet. Len Weinglass était à cette époque le défenseur des « Huit de Chicago », manifestants arrêtés pendant la convention démocrate de Chicago en 1968, au nombre desquels Abbie Hoffman, Jerry Rubin et le Black Panther Bobby Seale. Le célèbre activiste Abbie Hoffman lit les lettres de Tommy et insiste auprès de cercles littéraires pour le faire publier. Une relation se noue entre Tommy et Allison Raphael, enseignante et membre de la brigade Venceremos, mouvement inspiré par la révolution cubaine. Ils tombent amoureux et elle devient son âme sœur révolutionnaire. Elle aide les avocats de Tommy et collabore avec Abbie Hoffman, tous faisant pression pour que Tommy obtienne un contrat d’édition.

1972 :
La Cour suprême du New Jersey décrète la peine de mort inconstitutionnelle. La sentence de mort de Tommy est commuée en condamnation à la perpétuité, dont 25 ans incompressibles, et il est transféré à la prison d’État de Rahway où il est placé en isolement pour activisme avant d’être mêlé aux autres prisonniers. Avec Hurricane Carter et d’autres condamnés à perpète, il commence à organiser la prison pour obtenir de meilleures conditions et plus de justice au sein du système. Il tombe amoureux de Charlee Ganny, professeur d’anglais.
Les avocats qui le défendent sont Len Weinglass et Jeff Fogel.
Pendant ce temps, Tommy rédige Lock the Lock avec la collaboration de Charlee Ganny.

1974 :
Alfred Knopf publie Lock the Lock, livre de poésie, de prose et de dessins réalisé par Tommy Trantino. Le livre est très bien accueilli.
Henry Miller, Kurt Vonnegut, Allen Ginsberg, William Burroughs et bien d’autres écrivains célèbres le portent aux nues. Moonlight Productions, qui appartient au magnat de Broadway David Merrick, envoie son producteur à la prison d’État de Rahway pour proposer à Tommy un contrat d’un million de dollars.
Tommy refuse de le signer, ayant « une révolution sur le feu et un serment à respecter ».C’est le serment, fait en 1964, de consacrer sa vie à la lutte pour la liberté et la justice au travers d’actions non-violentes en faveur de tous les détenus.
Pour incitation à l’émeute, Ruben « Hurricane » Carter et Tommy, enchaînés ensemble, sortent de Rahway sous la menace d’une arme puis sont transférés dans des prisons différentes.

1978/1979 :
Les avocats de Tommy engagent des poursuites contre l’État.
Sa fiancée Charlee et ses proches le supplient de mettre fin à son activisme, de peur qu’il soit assassiné par les autorités carcérales. L’action en justice est abandonnée et Tommy est transféré dans une prison moins dure où, avec l’aide de Charlee, il crée un programme universitaire afin d’essayer d’empêcher les jeunes à risque de se retrouver dans le système pénitentiaire pour adultes. Programme validé par le bureau du gouverneur, le ministère de l’enseignement supérieur du New Jersey et l’administration pénitentiaire.
Par ailleurs, Tommy reprend ses études, notamment de psychologie.

1979 :
Tommy peut maintenant réclamer la liberté conditionnelle.

Le 4 mars 1980 :
La liberté conditionnelle ayant été accordée à Tommy, le Comité d’examen des dossiers annule cette décision dans les 24 heures. Du jamais vu dans l’histoire du New Jersey.

Juillet 1980 :
La liberté conditionnelle ayant de nouveau été accordée à Tommy à partir du 12 août, le Comité exige qu’il dédommage les familles des victimes. Une condition encore jamais imposée à un prisonnier dans l’histoire de l’État, et que Tommy ne peut remplir. Dans sa prison de Wharton, il devient la cible de violentes protestations locales contre sa libération.

Le 8 août 1980 :
Tommy reçoit l’autorisation d’épouser Charlee pendant une permission de 12 heures, et ils se marient dans la ville natale de la jeune mariée, West Caldwell. Sa libération, fixée au 12 août, est suspendue pour la deuxième fois. Tommy reste derrière les barreaux.

Septembre 1980 :
Des centaines de policiers scandent “La mort, la mort !” lors d’une manifestation à l’extérieur de la salle d’audience.

Novembre 1980 :
Le magazine People publie un article de 3 pages sur la relation qui unit Charlee et Tommy et la vie qui les attend.

Décembre 1980:
Le producteur David Sontag (qui détient un gros paquet d’actions de télé par câble à Aspen) contacte Tommy après avoir lu l’article dans le magazine People. Il lui fait une offre pour un film ; cette fois, Tommy accepte. Sontag donne 50 000 dollars à Tommy pour réserver les droits pendant qu’il monte le projet.
L’argent est géré par un cabinet juridique de Washington dirigé par un ancien conseiller du président Lyndon Johnson, qui représente Tommy à cette époque.
David Sontag a ficelé un projet impliquant le directeur Sydney Pollack et les acteurs Al Pacino et Meryl Streep. Il met son projet aux enchères.
Les studios sont prêts à l’acheter sous réserve que l’histoire ait un happy end et que Tommy sorte de prison.
Le projet n’est jamais concrétisé car Tommy reste encore 21 ans en prison.

Octobre 1982 :
Le Comité chargé d’étudier les dossiers de mise en liberté prive Tommy de la conditionnelle et lui inflige, alors qu’il a déjà purgé 20 ans, 10 ans de plus avant qu’il puisse effectuer une nouvelle demande de libération. Jamais, aux États-Unis, un prisonnier n’avait eu à subir cela. Tommy est transféré à la prison d’État de Leesburg, connue pour l’appartenance d’une partie de son personnel au Ku Klux Klan.
Ainsi que pour les traitement répressifs et humiliants infligés aux prisonniers noirs et latinos.
Dans cette prison, Tommy lui aussi est une cible privilégiée de ces extrémistes.

1986/1998 :
En 1986, Tommy est transféré à la prison d’État de Riverfront à Camden, dans le New Jersey, où il va passer 12 ans.
Les batailles juridiques continuent, la liberté conditionnelle est rejetée à de nombreuses reprises, au mépris des lois.
La raison principale étant que Tommy n’avouera jamais le meurtre des deux agents de police.
Sous la pression exercée par sa femme et sa famille, Tommy accepte d’endosser la responsabilité du crime, mais en stipulant qu’il n’en a aucun souvenir. Ce qui déclenche de nouvelles années de controverse et de refus de la conditionnelle. L’avocat rebelle Roger Lowenstein gère la plupart des imbroglios juridiques.
Tommy continue de suivre un enseignement universitaire et de s’impliquer dans la création de nombreux programmes d’aide aux mineurs, aux jeunes et aux adultes en difficulté, tel le programme Fresh Start. Il travaille aussi avec les services de psychologie de la prison et le programme anti-drogue, et auprès de prisonniers mourant du sida ou d’autres maladies, ou atteints de graves troubles psychiatriques.

Le 6 février 1988 :
Environ 2000 résidents de Camden, représentants de l’ordre, agents de police et politiciens, dont le sénateur Robert Dole, manifestent contre l’éventuelle libération conditionnelle de Tommy Trantino et menacent le Comité d’examen du dossier.
Cette manœuvre d’intimidation portera ses fruits puisque la demande de libération sera à nouveau rejetée.

1994 :
La mère de Tommy meurt et sa femme Charlee, qui lui est toujours dévouée, est sur le point de renoncer, de perdre la foi et une partie de sa raison, après tant d’échecs douloureux.

1995 :
Tommy and Charlee divorcent au bout de 15 ans de mariage et 23 ans de relation amoureuse.

1999 :
L’émission 60 Minutes, diffusée sur la chaîne CBS, consacre à l’affaire Trantino un dossier intitulé Cop Killer (Tueur de flics) qui esquive la dimension politique. Sont soulignés les mensonges colportés sur Tommy et son crime, ainsi que son évolution personnelle et ses accomplissements.

Janvier 2001 :
La Cour suprême du New Jersey décrète que, pendant 21 ans, le Comité chargé d’étudier les dossiers de mise en liberté conditionnelle a violé la loi dans l’affaire Thomas Trantino, à seule fin de le maintenir en prison.
En conséquence de quoi, la Cour prend l’initiative sans précédent d’accorder elle-même la liberté conditionnelle à Tommy. Les juges ordonnent qu’il sorte de prison et soit envoyé dans un centre spécialisé où il pourra se réadapter à la vie normale après avoir été incarcéré pendant 38 ans – plus longtemps que tout autre prisonnier dans l’histoire du New Jersey.

Le 11 février 2001 :
Le jour de son 63e anniversaire, une escouade spéciale de flics transfère Tommy de sa prison à un centre de réadaptation, à Camden, où il reste un an, soumis à une stricte réglementation.
À son arrivée, le maire de Camden et d’autres officiels ont dénoncé dans sa présence un affront fait à la ville et un risque imposé aux habitants.

Le 11 février 2002:
Tommy est livré à lui-même dans les bas fonds, en liberté… conditionnelle. Son seul bien est l’ordinateur portable que son frère lui a donné. Les médias attendent, et Tommy ne donne qu’une seule interview.
Suite aux pressions exercées par le chef de la police et le maire de Collingswood, il est transféré d’Oxford House à un foyer pour les sans-abri, toujours à Camden dans le New Jersey.
Les pressions exercées au niveau local lui interdisent de trouver un emploi.

Le 13 février 2002 :
Lors de son deuxième jour de liberté, des proches des deux officiers de police abattus en 1963 se rassemblent à la mairie pour protester contre son élargissement, comme ils se sont rassemblés pendant des années pour s’opposer à sa libération conditionnelle.

Mai 2002 :
Un producteur de la chaîne HBO offre d’acheter les droits de Lock the Lock pour en faire un film. Bien que sans abri et sans emploi, Tommy refuse de les vendre. Il finit par travailler dans un programme de réinsertion financé et organisé par les Quakers.

Novembre 2003:
Il devient conseiller dans le cadre d’une mission quaker.
Accusé d’agression et de coups et blessures par son ancienne compagne, Carmen, âgée de 33 ans, Tommy est de nouveau jeté en prison.

Le 23 juillet 2004 :
Après avoir passé 9 mois en prison, Tommy est acquitté des 16 charges retenues contre lui et sort de cellule.
Carmen témoigne devant la cour que ses accusations étaient fausses. Il apparaît également qu’elle a eu un passé tumultueux.

Le 10 octobre 2004 :
Le père de Tommy meurt.

2005/ 2009 :
Tommy retrouve Charlee, mais leur relation s’avère impossible à reprendre. Tommy vit à Camden de petits boulots et, bien que sans responsabilités officielles, continue à exercer des activités caritatives. Il continue également à dessiner, écrire et peindre ; son œuvre est exposée à deux reprises au Japon.
En 2008, Eric Vieljeux rencontre Tommy Trantino et lui achète les droits de Lock the Lock pour le publier en traduction française. Un vieil ami de Henry Miller a acheté les droits de Lock the Lock pour le traduire en japonais, tandis que Tommy a commencé à travailler sur un second livre depuis l’hiver 2008.

C’est l’histoire d’un jeune homme destiné à devenir un gangster contre sa volonté, devenu junkie pour échapper à cette fatalité, et rattrapé par son destin. C’est une histoire de rédemption face aux déchaînements de l’adversité, une histoire où s’entrechoquent crime, justice et droits civils, violence, amour et familles brisées, peine de mort, perpétuité, autorité et rébellion, mauvais traitements et résilience, souffrance et passion. Plus que tout, c’est un récit sur l’espoir – sur ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine, qui parfois émerge et triomphe de tous les obstacles.
L’odyssée de TOMMY TRANTINO.

Nouveautés

Tommy Trantino
Lock the lock
• Roman : 224 pages
• Traduction : Karine Lalechère
• Parution : septembre 2009
• ISBN : 978-84-936647-7-0

Condamné pour un meurtre sauvage et promis à la mort électrique, Tommy Trantino voit sa peine commuée en perpétuité. Mais derrière les barreaux naît un artiste, poète beat, dessinateur carcéral, révolutionnaire pacifique, épistolier compulsif. Salués par H. Miller, J. Lennon, A. Ginsberg, W. Allen, voilà que ses poèmes, ses lettres d’amour, ses nouvelles, ses dessins, qui composent l’anatomie d’une âme tailladée, deviennent un livre. Un livre singulier où se mêlent colère, remords, pénitence, came, sexe, humour et fracas des culasses.

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« Ils peuvent me tuer mais ils ne peuvent pas me faire mourir leur tourbillon dément et absurde ne peut pas me tuer quoi qu’il arrive de quelque manière que ce soit il n’y parviendra pas parce que je choisisje choisis de vivre sang tumultueux qui bouillonne brasiers en furie et rien à foutre je choisis je ne suis pas une marionnette accrochée au fil d’un destin inepte qui m’anéantira comme il détruit tous ceux qui laissent faire JAMAIS JE NE LAISSERAI FAIRE PARCE QUE JE CHOISIS. »
Tommy Trantino, Lock the Lock